Refonte de site : le brief à préparer avant de consulter

Refonte de site : le brief à préparer avant de consulter

La scène se répète dans beaucoup d’entreprises. La direction décide que « le site a vieilli », quelqu’un contacte trois agences, et chacune revient avec une proposition qui ne ressemble pas aux autres : l’une chiffre un site vitrine simple, l’autre une plateforme sur mesure, la troisième un projet avec stratégie de contenu et référencement. Impossible de comparer. Le problème ne vient pas des agences, mais de la demande : sans brief, chacune a imaginé un projet différent. Quelques heures de préparation évitent des semaines d’allers-retours et des devis impossibles à départager.

1. Pourquoi refaire le site

La première rubrique est la plus négligée. « Moderniser l’image » n’est pas un objectif, c’est une intention. Il faut aller plus loin : générer davantage de demandes de devis, vendre en ligne, recruter, réduire les appels au service client, mieux présenter une nouvelle gamme. Un ou deux objectifs principaux, formulés en résultats observables, suffisent. Ils serviront plus tard à juger si la refonte a réussi.

Précisez aussi ce qui déclenche le projet maintenant : fusion, changement d’identité visuelle, technologie obsolète, site impossible à mettre à jour en interne. Le contexte oriente fortement les réponses.

2. Ce que vaut le site actuel

Une refonte ne part jamais de zéro. Avant de consulter, rassemblez ce que vous savez du site existant : pages les plus visitées, provenance du trafic, requêtes qui amènent des visiteurs depuis Google, formulaires qui fonctionnent. La Search Console et l’outil de mesure d’audience fournissent l’essentiel.

Cette étape protège un capital souvent sous-estimé : le référencement acquis. Une refonte qui change toutes les adresses de pages sans plan de redirections peut faire chuter la visibilité pendant des mois. Indiquer aux agences que ce sujet compte pour vous permet de vérifier qu’elles le traitent sérieusement.

3. À qui s’adresse le site

Décrivez vos visiteurs types en quelques lignes chacun : qui ils sont, ce qu’ils cherchent en arrivant, ce qui les fait hésiter, l’action que vous attendez d’eux. Un site qui s’adresse à la fois à des particuliers, à des acheteurs professionnels et à des candidats à l’embauche n’aura pas la même architecture qu’un site mono-cible. Si vous disposez de retours des commerciaux ou du service client, intégrez-les : ils valent souvent mieux que des suppositions.

4. Contenus, fonctionnalités et outils

Listez les rubriques envisagées et, pour chacune, qui produira les textes et les visuels. C’est un point de friction classique : l’agence attend les contenus, l’entreprise pensait qu’ils seraient rédigés par le prestataire. Précisez ensuite les fonctionnalités nécessaires, comme la prise de rendez-vous, l’espace client, le catalogue, le multilingue ou le blog, et les outils avec lesquels le site devra dialoguer : CRM, logiciel de gestion, outil d’e-mailing.

Distinguer l’indispensable du souhaitable aide les agences à proposer une première version réaliste, puis des évolutions. C’est aussi ce qui rend les devis comparables. Des agences comme Newp, qui accompagnent la refonte de sites WordPress en y associant référencement naturel et visibilité dans les moteurs d’IA, peuvent ainsi chiffrer un périmètre précis plutôt qu’une hypothèse.

5. Contraintes et exemples

Charte graphique existante, exigences d’accessibilité, hébergement imposé par la maison mère, validation par un service juridique, date butoir liée à un salon ou à un lancement : toutes ces contraintes doivent figurer noir sur blanc. Ajoutez quelques sites que vous appréciez et d’autres qui vous déplaisent, en expliquant pourquoi. « J’aime ce site » dit peu de chose ; « la navigation par secteur d’activité y est très claire » est une indication exploitable.

Pensez aussi à la suite : qui mettra à jour le site au quotidien ? Une équipe sans compétence technique aura besoin d’une interface simple et d’une formation. Précisez également les accès dont vous disposez aujourd’hui : compte chez le registraire du nom de domaine, hébergement, outil de mesure d’audience, Search Console. Il n’est pas rare de découvrir en cours de projet que ces identifiants sont détenus par un ancien prestataire ou un salarié parti, ce qui retarde la mise en ligne de plusieurs semaines. Les rassembler avant de consulter fait gagner un temps précieux à tout le monde.

6. Budget, calendrier et interlocuteurs

Beaucoup d’entreprises hésitent à indiquer un budget, de peur d’être « facturées au plafond ». En pratique, une fourchette permet aux agences de proposer une réponse adaptée plutôt qu’une solution trop modeste ou démesurée. Mentionnez aussi le budget annuel envisagé après la mise en ligne : hébergement, maintenance, contenus, référencement. Enfin, désignez un chef de projet interne disposant du temps et du pouvoir de décision nécessaires.

Ce brief s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière dont l’entreprise veut optimiser sa présence en ligne, réseaux sociaux et fiche Google compris. Tenu sur quatre ou cinq pages, il deviendra la référence commune de tout le projet, bien après la signature du devis.